Test Nintendo Switch de Starlink : Battle for Atlas, la claque spatiale d'Ubisoft

[Test Switch] Test Nintendo Switch de Starlink : Battle for Atlas, la claque spatiale d'Ubisoft

Annoncé à la surprise générale lors de l’E3 2017, Starlink Battle for Atlas est petit à petit sorti de l’ombre pour dévoiler son concept de guerre spatiale sur fond de jouets modulaires. Allant totalement à l’encontre des autres acteurs du marché (Disney Infinity, Skylanders et Lego Dimensions) qui ont décidé de quitter la bataille, Ubisoft ose et s’expose au reste du monde comme une entreprise qui en a dans le pantalon. De là à savoir si la société française est un véritable kamikaze ou un génie militaire, il n’y a que l’avenir qui pourra nous le dire… En attendant, chauffez les moteurs, l’Atlas attend !


Un test rédigé par Goonpay.


Plaisir d’offrir, joie de recevoir

« Une nouvelle façon de jouer », telle est la promesse faite par Ubisoft aux joueurs… Amusant, car c’est aussi ce qu’avait annoncé Nintendo lors de la présentation du Nintendo Labo. Le jeu vidéo classique n’amuse donc plus personne ? Et bien, que nenni ! Et Monsieur Ubi l’a bien compris. Le jeu-jouet comme il existe actuellement apporte certes le passage magique du réel au virtuel, mais propose bien souvent des interactions limitées, un jeu bridé ou n’est finalement qu’une façon détournée de se procurer un contenu digital qui fera plus joli que le napperon de mémé sur l’étagère et prendra tout autant la poussière.

Avec Starlink : Battle for Atlas, on change la donne, car l’échange se cautionne. Mieux encore, il se justifie et s’amplifie. Plus question de poser son petit socle sur le capteur du pad pour simplement débloquer l’artifice ad vitam æternam et le mettre au placard. Les vaisseaux sont évolutifs, les armes et les ailes sont échangeables, les pilotes sont remplaçables et les caractéristiques in game s’en trouvent modifiées instantanément. Un ennemi maîtrisant la glace se dresse face à vous ? Hop, décrochage du canon de givre pour le remplacer par un lance-flamme et, sans crier gare, votre monture se métamorphose pour accueillir ce nouveau joujou prêt à rôtir le malandrin.

Sur le papier, ça fait trop classe, mais dans le feu de l’action, il y a plus efficace : une simple pression sur le « + », on sélectionne son équipement (préalablement liée au jeu) et on repart. Et c’est peut-être là, la grande force de Starlink : les figurines, bien qu’en plastique assez basique, ont un design bien travaillé et s’illuminent, mais surtout, elles ne sont absolument pas nécessaires pour finir le jeu. Faute avouée est à moitié pardonnée, on n’a pas pris le temps de faire un test Euro NCAP, mais vu qu’il faut appuyer assez fort pour décrocher les éléments, on peut supposer qu’à la longue, les manipulations feront probablement souffrir la carlingue malgré l’apparente solidité de la conception (les ailes pliables de l’arwing en particulier).

En bref, hormis l’aspect collection et le plaisir de modifier physiquement son vaisseau, le jouet en lui-même est assez encombrant sur le pad. En plus, il annule totalement le côté portable de la switch. Toutefois, comme il est clairement admis que tout ce qui est inutile est indispensable, le passage en caisse se fera tout en douceur, sans obligation, au bon gré du joueur… un Arwing sur l’étagère, c’est quand même stylé !

La ligue des gentlemen interplanétaires

À bord de l’Equinox, l’initiative Starlink lutte contre la Légion emmenée par Grax qui tente de conquérir l’Atlas, un système stellaire composé de 7 planètes. Pour parvenir à ses fins, Grax et sa Légion Oubliée créent une diversion et capturent Grant, le chef de cette troupe de pilotes hétéroclites, qui est le seul à maîtriser le savoir de la nova, une ressource très puissante et destructrice. L’ensemble de l’équipage part donc à la rescousse de son capitaine et va bien entendu aller le plus loin possible dans la bataille en formant un maximum d’alliance avec les peuples de la galaxie. On nage dans un véritable space opera qui évoque évidemment l’histoire d’un certain Star Wars™.

Particularité de cette version Switch, l’entrée en scène de Fox McCloud et toute la team Star Fox qui, au détour d’une course poursuite avec leur ennemi de toujours, Wolf O’Donnell, vont venir épauler l’équipage de l’Equinox et apporter avec eux leur savoir-faire et leur maîtrise du combat spatial.Dans ce contexte de bataille du Bien contre le Mal, il ne suffit pas d’être un pilote hors pair pour vaincre ses ennemis, il faut aussi savoir s’équiper correctement. Ça tombe plutôt bien parce que de ce côté là, Starlink : Battle For Atlas ne fait pas les choses à moitié.

De Darwin à Starlink, la théorie de l’évolution

Le jeu est commercialisé sous trois versions : une physique et deux dématérialisées. Le starter Pack (physique) contient 2 pilotes (Mason Rana et Fox McCloud), 2 vaisseaux (le Zenith et l’Arwing) et 3 armes (Déchiqueteur, Lance-flammes et Barrage de givre). Le contenu des deux versions digitales (standard et deluxe) est un peu plus étoffé avec respectivement 4 et 5 vaisseaux, 6 et 9 pilotes, 12 et 15 armes. Tout ce qui concerne la licence de Nintendo n’est disponible qu’en version physique.

Chaque pilote a sa propre technique de combat et son propre arbre de talents. Ce dernier fonctionne de manière pyramidale avec les compétences les moins coûteuses à la base et le rang ultime tout en haut.

Mason, par exemple, est un pur combattant misant sur la puissance de feu. Grâce à ses talents, il offre à tous ses partenaires +20% d’expérience. Judge, qui est le protecteur du groupe, mise sur l’invulnérabilité ; Eli fera parler son expertise au combat pour les coups critiques, etc. En plus de leur particularité au combat, chacun d’entre eux dispose d’une attaque spéciale : Mason fera appel à un tir de canon laser qui frappera le sol à l’endroit ciblé, les coéquipiers de Fox (Falco Lombardi, Slippy Toad ou Peppy Hare) viendront le soutenir en cas d’appel, Shaid, la hors-la-loi joue, la carte de la discrétion en se rendant invisible avant de faire feu sur l’ennemi… Si un seul pilote suffit pour boucler le jeu, leur diversité reste appréciable.

Tel Michael Knight qui n’est rien sans KITT, les membres de l’Equinox ne sont rien sans leur vaisseau et, bien que chaque héros soit plus ou moins attitré à un vaisseau, il est tout à fait possible de les mettre aux commandes d’un autre que le leur. Ces bolides de l’espace sont composés d’un cockpit et de deux ailes. Comme tout est interchangeable, on peut adapter n’importe quelles ailes sur n’importe quel vaisseau. Mieux encore, on peut multiplier les ailes pour en fixer 3 au maximum sur chaque côté ce qui permet d’accroître les statistiques.

Les cockpits ont des caractéristiques différentes réparties en 5 critères (vitesse, pilotage, défense, énergie et poids) qui sont modifiables à l’aide de mods. En dernier lieu, on choisit son armement qui, lui également, a ses propres paramètres et est évolutif et customisable via les mods. Comble de la personnalisation, Ubisoft a pensé au moindre détail en ajoutant la possibilité de fixer les armes à l’envers pour tirer en arrière.

Les fameux mods sont des composants que l’on obtient de multiples manières (loot sur des ennemis, récolte dans des conteneurs, récompenses de missions, craft de l’alliance…) et qui sont, eux aussi, évolutifs. On en distingue de 5 qualités différentes allant du basique gris au légendaire orange. En fusionnant 3 mods du même type, on obtient un mod du rang supérieur et ainsi de suite. Bien évidemment, chaque fusion a un coût plus ou moins élevé en électrum et nova. Des reliques légendaires sont également à dénicher sur les planètes de l’Atlas.

Indéniable point fort du jeu, l’amélioration de l’équipement n’est qu’une petite partie de l’iceberg qui place Starlink Battle for Atlas dans la catégorie RPG spatial avec sa dose de farming, de leveling, d’exploration et d’affrontements.

À la conquête des planètes, le modèle qui se répète

Galaxie oblige, le joueur est amené à explorer différentes planètes, 7 au total, qui répondent toutes au même schéma. Un prime, une très grosse machine de guerre de la Légion (sorte de boss), répand la terreur sur la planète en s’aidant de l’énergie de l’électrum extrait du sol grâce à des extracteurs, qui, en plus, brouillent toute visibilité empêchant les vaisseaux de redécoller. Pour s’en sortir et délivrer cet écosystème de la corruption, il faut bien entendu, anéantir ce monstre de technologie et ses infrastructures colonisatrices, mais aussi montrer à la population que l’Initiative Starlink, venue à leur rescousse, recherche aussi du soutien pour lutter contre ce fléau.

En vadrouillant un peu partout, on croise donc de nombreuses missions annexes qui permettent de monter le niveau de l’alliance sur la planète. Analyse de la faune et la flore, destruction de nids de kobolds pour y placer des avant-postes, délivrance de zones envahies par les hors-la-loi (des mercenaires en marge de la Légion qui profitent du conflit pour piller les ressources), exploration du territoire, découverte de caches… sont quelques-uns des objectifs récurrents à accomplir.

Une fois la planète libérée de son prime, il convient de réduire en miettes l’énorme cuirassé à l’origine du dépôt de ce colonisateur. On s’envole alors pour l’espace et on attaque la forteresse de la Légion avant qu’elle ne dépose à nouveau un prime sur une planète.

Fort heureusement, la dynamique des combats et l’appel constant d’objectifs à remplir à droite à gauche rendent ces tâches répétitives un peu moins lourdes qu’il n’y paraît.

Étonnamment, les ennemis de tout ce système stellaire ne sont pas très développés. À la manière d’un RPG, on distingue des niveaux différents de mobs, mais leur look est plus ou moins similaire. La différence se fait réellement par la couleur symbolisant l’élément qu’ils maîtrisent (feu, glace, vortex…). En fonction de leur nature, certaines armes sont plus ou moins adaptées. Un cyclope de feu sera naturellement plus sensible aux armes de glace. L’ingéniosité des affrontements se révèle dans la combinaison des différents états et des debuffs que l’on procure aux ennemis. Par exemple, en combinant vortex et feu, on crée une sphère qui s’enflamme au point d’impact ou encore, on peut geler un ennemi et lui lancer une salve de feu pour créer un choc thermique et augmenter les dégâts. En disposant de plusieurs armes, on se facilite ainsi le travail, mais, on le répète, tout est faisable avec le pack de base. Les primes quant à eux sont de véritables boss qui nécessitent une stratégie.

Dans l’espace, l’attaque des cuirassés et des repères de hors-la-loi donne droit à de jolis combats spatiaux qui peuvent se révéler assez intenses et difficiles… le temps d’avoir le niveau requis, car une fois celui-ci atteint, on roule plus facilement sur le contenu.

On regrettera néanmoins l’absence de séquence de pilotage pur alors qu’à l’inverse, on rencontre des phases de « plates-formes » sur la terre ferme qui s’y prêtent forcément moins. La manipulation des bolides de l’espace ne présente aucune difficulté, la différence de poids est légèrement perceptible et l’enchaînement de figures pour glaner du boost à gogo est un passe-temps fort agréable.

Atlas, ton univers impitoyable

Qui dit galaxie, dit environnements différents. Chaque planète dispose de sa propre biodiversité la rendant réellement unique. Des environnements volcaniques d’Ashar aux plaines glacées de Tundria, en passant par la nature verdoyante d’Haven ou l’odeur pestilentielle de Vylus envahi par la moisissure, la diversité des décors est réellement de mise tant dans les palettes de couleurs que dans l’ambiance sonore qui y règne. L’espace, quant à lui, est un peu trop vide malgré les champs d’astéroïdes à traverser, les débris et les camps de hors-la-loi. Le mode hyperespace manque même de punch et on n’hésite pas à abuser du voyage rapide pour se transférer sans tarder d’un astre à l’autre.

Inutile de mentir, la version Switch est techniquement en dessous des versions PS4 et Xbox One. Mais cette infériorité se mesure uniquement dans la quantité de choses affichée à l’écran et à un clipping plus présent. Toutefois, il serait vraiment insultant de dire qu’Ubisoft n’a pas fourni un travail d’excellente qualité. La vitesse est plus que présente, les effets spéciaux sont bien rendus, l’apesanteur se ressent dans le pilotage et, au final, l’immersion se fait sans peine dans des paysages qui laissent entrevoir de jolis panoramas accompagnés par de bonnes musiques sauce SF.

Petit bémol tout de même : le manque de diversité raciale sur les planètes. Hormis la faune et la flore, les membres de l’alliance se ressemblent tous. Certes les infrastructures sont créées par l’Initiative Starlink et donc, ont un design similaire, mais pour des planètes situées à des années-lumière l’une de l’autre, ça manque tout de même d’extraterrestres aux looks extravagants et ce ne sont pas les 5 ou 6 bestiaux à scanner sur chaque sphère qui pourront faire pencher la tendance.

Le soin apporté aux designs des vaisseaux, à la présentation des pilotes et la mise en scène sont très réussis. Les voix sont différentes et chaque pilote a ses petites répliques qui les différencient clairement. La voix de Norman, le Youtubeur, fera peut-être plaisir à ses fans, le personnage qu’il interprète (Levi) colle plutôt bien à son image, mais il n’a clairement pas autant de classe que Fox McCloud.

Si le combat de l’Initiative Starlink contre Drax est évidemment le point culminant de cette épopée qui, au final, n’a rien de surprenant dans son récit, tout fan de Nintendo appréciera fortement l’intégration du renard. Les cinématiques font vraiment sensation. On aurait même tendance à croire qu’il est le véritable fer-de-lance de Starlink et grâce à lui, la Switch peut prétendre détenir la superior version comme on dit dans le jargon… de quoi alimenter les disputes dans les cours d’école.

Sans jamais faiblir, en portable ou en mode TV, Starlink : Battle for Atlas est un très bel exemple d’optimisation qui a du mérite. Seul le mode Coop nécessite de jouer docké et ne souffre pas pour autant.

 

CONCLUSION : OUI !

Starlink : Battle for Atlas est une réelle bonne surprise doublée d’une belle prise de risques de la part d’Ubisoft. L’entreprise française, qui abuse parfois de ses filons pour les placer à toutes les sauces (open world, nombreuses quêtes, belle mise en scène…), dispose toutefois d’un savoir-faire indéniable que sa filiale de Toronto a su mettre en place avec brio. Elle a su appliquer sa méthode à un shooter spatial teinté de RPG qui, s’il n’est pas exempt de défaut, est une très belle première approche du genre et mérite qu’on s’y intéresse. On restera forcément attentif aux futurs DLC qui disposent d’une porte plus que grande ouverte, l’espace étant infini. En attendant, on salue vivement l’effort fait de ne pas obliger le joueur à consommer, le rapprochement avec Nintendo qui paye, on ne boudera pas le plaisir de piloter un Arwing ou d’en mettre un sous le sapin cette année même si financièrement, la version dématérialisée est plus intéressante.

LES PLUS : 

+ Le concept des jouets modulaires non obligatoire
+ Le côté RPG avec leveling et craft
+ L’intégration de Fox
+ L’arwing
+ La réalisation technique
+ Un contenu généreux…

 

LES MOINS :

– … mais un peu trop répétitif
– Le scénario classique
– Manque de contenu haut level
– Le coût du tout physique

_______________________________________________________________

Le système de verdict de Nintendo-Difference repose sur trois niveaux :

– OUI ! (nous recommandons l’achat de ce titre, peu importe quel joueur vous êtes : vous l’apprécierez, à condition de ne pas être hermétique au genre ou à l’univers). Le Oui accompagné du ND Award récompense les titres soit exceptionnels que vous devez acheter quoiqu’il arrive, soit ceux nous ayant provoqué de gros coups de coeur !

– « Peut-être » (nous recommandons de bien lire le test avant d’acheter le jeu, car il peut ne pas correspondre à tout le monde, et ce pour des raisons qui peuvent largement être différentes d’un jeu à un autre). Par exemple, un titre peut être tout à fait exceptionnel et obtenir un « Peut-être » parce qu’il se classe dans un genre de niche qui ne correspondra pas à tout le monde alors qu’un autre pourra s’avérer vraiment moyen et à ne réserver qu’aux puristes du genre ou aux fans inconditionnels (comme dans le cas d’une adaptation par exemple).

– NON (nous ne recommandons pas l’achat de ce jeu). Trop mauvais ou trop cher pour ce qui est proposé.

Nous avons abandonné l’idée des notes, car celles-ci n’aident en rien à faire un choix, avec ce système vous savez si vous pouvez acheter les yeux fermés, s’il faut bien lire le test pour savoir si le jeu peut vous convenir ou s’il faut tout simplement s’enfuir.

Originaire de Russie, j'ai un goût prononcé pour la Vodka, le soleil, le houmous, les mangas et plus généralement tout ce qui vient du Japon. Nintendo est devenu ma mère patrie, da.